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04/06/2015

Sidney Chambers and The Problem of Evil, book 3 #2 Le Mois Anglais



James Runcie x bloomsbury x 7 mai 2015
287 pages x anglais x 10,00€



Tout s'enchaine, un classique du genre
Résumé de l'édition

Our favorite clerical detective is back with four longer mysteries in which Canon Sidney Chambers attempts to stop a serial killer with a grievance against the clergy; investigates the disappearance of a famous painting after a distracting display of nudity by a French girl in an art gallery; uncovers the fact that an "accidental" drowning on a film shoot may have been something more sinister; and discovers the reasons behind the theft of a baby from a hospital just before Christmas 1963.


The Grantchester Mysteries est véritablement une de mes séries préférées. Je trépigne toujours d'impatience à découvrir chaque roman. J'ai lu le premier tome peu avant Noel et depuis cela reste un plaisir de découvrir chaque nouvelle aventure. Tout me plait ! L'ambiance, les personnages, le décor. Je suis véritablement sous le charme de l'écriture de James Runcie. Je vous conseille vraiment de lire au moins le premier tome pour vous faire une idée et de regarder l'adaptation en série par la chaine ITV, qui est à la hauteur des romans.

Mon avis sur le roman

Attention, risque de révélations sur les précédents tomes !


Le temps nous échappe, les minutes s’égrènent avec frénésie, les peaux se tannent : un enfant devient un vieil homme, un premier amour : notre compagnon du destin. Notre vie défile, elle nous prend de court dans les bons et les mauvais moments.
Parfois, à la suite d’un changement, d’un événement dans notre existence, on prend le temps de regarder en arrière. On s’interroge, on regrette, on se console aussi. La vie doit continuer malgré tout.

Quelques années se sont passées depuis la première enquête de notre cher Sidney Chambers. Dix ans de bouleversements en tout genre, d’aventures qui ont transformé notre vicaire préféré de Grantchester.
Sidney Chambers and The Problem of Evil est un troisième tome beaucoup plus intimiste. Immédiatement le lecteur ressent que nous sommes à un tournant dans la vie de Sidney. Le canon prend conscience des nouvelles responsabilités qui lui pèsent sur les épaules.
Dans ce nouveau roman, l’histoire se situe plus de dix-sept ans après la fin de la guerre. Le temps a fait son chemin et Sidney semble moins réservé à évoquer ses années de combats. J’ai eu le sentiment que les souvenirs étaient moins douloureux.
Dans Sidney Chambers and The Problem of Evil, Canon Chambers a définitivement tourné la page de son célibat. Il ne peut pu agir égoïstement, il doit rendre des comptes et assumer ses choix.

Dans ce tome, j’ai eu beaucoup de plaisir à piocher dans les petites anecdotes que nous livre James Runcie par-ci, par là comme notamment, le parfum préféré de Hildegard qui est le même que ma mère, une chanson d’Elvis, la citation d’un écrivain. James Runcie arrive à nous rendre les personnages familiers.

Contrairement aux autres tomes, dans ce troisième opus, l’auteur nous offre quatre enquêtes qui se valent dans leur qualité.
J’ai quand même eu deux préférences : la première enquête qui met la barre très haute et la troisième affaire mais les deux autres sont riches en petits rebondissements. The problem of Evil est une très sombre affaire, des religieux sont retrouvés morts. Un tueur en série semble sévir. Sidney est appelé pour aider son ami et rapidement, il va se prendre au jeu au grand dam de Hildegard.
La troisième enquête Death by Water nous présente une autre facette de notre célèbre vicaire, Sidney devient le temps d’un tournage : acteur, pour les besoins d’un de ses frères d’armes. Une situation qui va se transformer en enquête dans le milieu du 7eme art. Un chapitre qui tourne aussi une page, j’ai versé ma petite larme mais la fin de l’enquête m’a enchanté.
Female, Nude montre tout le travail que l’auteur a entrepris pour rendre crédible ses histoires. Les oeuvres d’art présentées dans cette investigation, se trouvent bien dans le musée FitzWilliam de Cambridge. James Runcie puise son inspiration dans l’histoire de sa famille et témoigne brillament sa loyauté à cette terre qui l’a vu grandir.

Encore une fois le duo avec l’inspecteur Keating est efficace et la présence de Helena, une journaliste apporte une vision plus féminine aux problèmes. Elle apporte un autre regard. Amanda est présente dans ce tome et ses conseilles d’amie prouve la tendresse qu’elle garde envers son ami. Je suis contente de la revoir même si ses échanges avec Sidney sont moins présents que dans le premier tome mais j’ai le sentiment qu’on la verra encore. D’autres personnages s’effacent malheureusement, mais cela est assez logique dans le déroulement de l’histoire.

Sidney collabore aux enquêtes mais ne perd pas de vue qu’il est avant tout un employé de Dieu et notre héros arrive à combiner son rôle de conseiller avec celui d’enquêteur. Un vicaire atypique, qui doit aussi vivre avec les rumeurs le concernant lui et son épouse. Une situation qui commence à faire jaser l’Eglise.

Sidney Chambers and The Problem of Evil est un très bon tome qui m’a fait pleurer, sourire. J’ai vécu une palette d’émotions car on s’attache à ce village et à ses habitants, on suit chaque étape de la vie de Sidney qui reste fidèle à son tempérament de casse-cou charmeur et à cette dévotion qu’il a envers chaque paroissien.
Une page se tourne mais une nouvelle histoire palpitante commence avec certainement son lot de rires, d’enquêtes et de réflexions. Vivement le livre quatre.



La blouse Bulgare (1920) * Henri Matisse
The Fitzwilliams Museum, Cambridge
Dans la nouvelle Female, Nude; Sidney s'arrête devant ce tableau et pense que le visage lui rappelle son amie Amanda. J'ai trouvé la petite anecdote assez amusante et cela permet de donner un visage à un personnage que j'affectionne. En plus, c'est la première fois que je suis séduite par une oeuvre d'Henri Matisse. Incroyable mais vrai !





J'espère vous avoir convaincu ou au moins piqué votre curiosité. Mon prochain billet concerne l'exposition Harry Potter et je vais essayer de mettre un maximum de photos.

02/06/2015

Far from the Madding Crowd #1 Le Mois Anglais



Thomas Hardy x Penguin x 26 avril 2012
445 pages x anglais x 10,00€



Un livre authentique, un classique à lire
Résumé de l'édition

Bathsheba Everdene, independent and uncompromising, comes to a small rural community to take up a position as a farmer, where her confident presence draws three very different suitors: the gentleman-farmer Boldwood, the seducer Sergeant Troy and devoted shepherd Gabriel Oak. As each man complicates her life, Bathsheba becomes an object of superstition, judgement and betrayal.


Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir la plume de Thomas Hardy mais comme souvent, j'ai repoussé ma rencontre avec l'auteur anglais. Faute de temps mais aussi de motivation, ça n'est jamais aisé de se diriger vers un auteur qui vous est totalement inconnu : classique ou non. C'est grâce au forum Whoopsy Daisy que j'ai eu l'envie incontrôlable de découvrir cet auteur et les tentations sur ce site sont immenses ! Les avis m'avaient intrigués surtout qu'une adaptation vient de sortir au cinéma. J'ai lu ce roman avec Dans le manoir aux livres (Fanny) et je ne pense pas me tromper en vous disant qu'elle a beaucoup aimé ! Une première rencontre avec le romancier qui m'a séduit.

Mon avis sur le roman

Cela pourrait être un tableau de John Constable avec au premier plan, un homme travaillant sa terre à la sueur de son front sous un soleil harassant, il s’est arrêté un instant pour se reposer. Appuyé sur son outil certainement pour reprendre ses esprits, le regard ailleurs, tourné vers cet homme qui laisse traverser son troupeau de moutons à coté de ses terres.
On lirait sur le visage de cet agriculteur son envie d’en finir avec cette dure journée et le bonheur de retrouver ses amis dans le pub du village.
Loin aussi de s’imaginer que le jeune gardien de moutons pense depuis la veille à une jeune femme qui vient d’arriver à la campagne et qui a éveillé en lui de nouvelles sensations. Deux hommes qui ne se fréquentent pas mais qui sont unis par leur travail, celui de nourrir le pays.

De la campagne anglaise, Thomas Hardy en dresse un portrait authentique, sincère, un portrait brut à travers plusieurs personnages. Sous sa plume, il révèle le paysage vallonnais de ces hommes et femmes qui habitent la campagne anglaise et font vivre le pays entier.
Thomas Hardy fait parler les silences, parler la nature. Avec ses descriptions, ses scènes, il arrive à définir un caractère, à nous montrer l’âme d’un personnage.

Far from the Madding Crowd est le roman d’une héroïne : Bathsheba Everdene. Une jeune femme courageuse, d’une grande beauté, qui a hérité des terres de son oncle et qui décide de prendre en main ce patrimoine familial. Consciente que les mentalités de son époque ne sont pas favorables à cette succession, Bathsheba devra redoubler de volonté pour affirmer sa position dans ce monde d’homme.
Le charme de la jeune propriétaire aura vite fait de faire tourner les têtes de certains messieurs. Gabriel Oak est un homme simple, brut de sentiment qui ne cherche pas à faire fortune mais seulement à se rendre utile, généreux de nature ; il est immédiatement attiré par la jeune femme. Gabriel séduira le lecteur, je suis tombée immédiatement amoureuse de ce personnage qui dégage une simplicité et une dévotion à toute épreuve. Un personnage charmant, au romantisme naturel.
Contrairement au Sergent Frank Troy, un homme séducteur, arriviste qui joue avec les coeurs des jeunes femmes et s’amuse de sa situation. Un personnage difficile à cerner mais qui vit passionnément et quand on est jeune comme Bathsheba, la tête tourne rapidement. Un personnage qu’on aime à juger rapidement mais qui peut sur certains aspects vous émouvoir.
Enfin - William Boldwood, plus âgé d’une dizaine d’années, il est le prétendant logique car il dispose des terres voisines et il serait une aide précieuse pour la gestion du domaine. J’ai beaucoup aimé ce personnage notamment pour son amour, sa patience mais aussi sa détermination. Il est conscient qu’il n’est pas le prétendent idéal et justement sa clairvoyance le rend d’autant plus attachant.

Thomas Hardy à travers ses personnages arrive à retranscrire par écrit les formes d’amour que chaque homme à fond de lui et que Bathsheba arrive à faire ressortir. Troy est un peu cette passion, l’amour fou alors que Boldwood est l’assurance, l’équilibre amoureux. Oak est lui l’amour simple, l’âme soeur de notre héroïne.

Far from the Madding Crowd dénonce aussi la société et les mentalités dans les campagnes. La vie est différente de celle que l’on peut avoir en ville. Le courage et la détermination de Bathsheba montre qu’une nouvelle ère est amorcée mais que le chemin est long. Une héroïne qui m’a impressionné même si certains de ses choix n’étaient pas résonnés.
L’auteur arrive à jouer avec nos nerfs, la tension est palpable même dans les scènes les plus anodines, un suspense est créé.

Far from the Madding Crowd est un coup de coeur car il a des défauts mais ce qui m’a séduit dans l’écriture de Thomas Hardy est cette facilité à faire vivre les mots.
Tous les événements qu’il raconte pourraient se produire, l’auteur écrit ce qu’il connait, il puise son inspiration dans la vie de tous les jours, dans ce quotidien qui est riche et sans fard.

Je ne peux que vous conseiller ce roman et j’ai très envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur.

Bon anniversaire à Thomas Hardy ! J’espère que mon premier billet pour le mois anglais vous aura plus, je commence le challenge avec une très belle découverte ! Cleanthe a d'ailleurs écrit un très beau billet sur ce roman également.

27/03/2015

Hemingway vs Fitzgerald

NOW YOU WILL LIVE FOREVER
Duel au sommet



De : Scott Donaldson
Edition :   Duckworth Overlook (2001)
Pages : 352
Premières impressions : J'aime beaucoup la couverture qui oppose Hemingway et Fitzgerald. Les deux couleurs utilisées me plaisent beaucoup. Dès qu'un livre parle de Fitzgerald, je suis immédiatement conquise. Je suis vraiment curieuse de découvrir cet ouvrage qui va certainement m'offrir une vision inédite de la relation entre les deux auteurs.
Une chanson pour illustrer : Poet de Bastille

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


This chronicle of the friendship of two of America's literary titans goes beyond the myth to create a true, multi-faceted narrative of a great friendship fueled by admiration, jealousy, and liquor--a heady mixture of literary scholarship, history, and gossip.


MON AVIS





Un essai très intéressant

Offert par Alicia, ce cadeau m'a fait très plaisir d'autant plus qu'il concerne un auteur que j'apprécie particulièrement. Fitzy me passionne et si je peux découvrir un essai intéressant sur lui, je suis "overjoyed". Encore merci miss pour ce présent qui enrichit ma collection.

Evoquer la vie de deux grands écrivains n’est jamais aisée. De bonnes biographies existent et souvent, à part répéter ce que l’on sait déjà, il est rarement possible d'avoir des informations inédites. Il faut alors se démarquer, trouver un point de vue inédit.
Avec Hemingway vs Fitzgerald, Scott Donaldson nous offre un combat à l’amiable entre ces deux poids lourds de la génération perdue. Une amitié mise sous la loupe, disséquée à travers plusieurs moments, plusieurs travers et bonheurs communs.

L’essai est divisé en plusieurs chapitres, on découvre dès le départ que nos auteurs souffraient d’un même mal : la déception amoureuse. Un chapitre très intéressant qui m’a permis de découvrir Ernest Hemingway avant qu’il ne soit l'écrivain que l'on connait aujourd'hui et de découvrir le point de vue de la première amoureuse de Scott Fitzgerald. L’essai est construit sur leur amitié mais développe aussi leur personnalité pas si différente et plutôt complémentaire.
Loin de les diviser, Scott Donaldson laisse le lecteur se faire sa propre opinion. A aucun moment, je n’ai eu le sentiment qu’un auteur était mis en avant au dépend de l’autre. Certes chaque auteur a eu le succès et les critiques qui lui sont propres. Mais à aucun moment, l’auteur n’a tenté de justifier ou d’argumenter les faits.

Hemingway vs Fitzgerald peut être vu comme une enquête où l’intrigue serait multiple : Comment ces deux amis en sont venus à avoir des vies différentes mais pourtant semblables ? Puis les recherches montreraient qu’ils sont passés d’amis à connaissances, pourquoi ? Enfin, on peut s’interroger sur la légende presque mystique autour des deux écrivains et se demander si elle justifiée ?

Un travail titanesque que Scott Donaldson a entrepris et cela permet de nous offrir une vision vraiment intéressante sur les deux hommes. J’ai apprécié ce livre pour le travail méticuleux qu’il offre et j’avoue qu’il a réussi à aiguiser ma curiosité concernant Ernest Hemingway. J’ai eu le sentiment de redécouvrir Scott Fitzgerald et lire des analyses très précises sur ses romans.


Un livre que je recommande chaudement pour les amoureux de la génération perdue mais qui ne s’adresse malheureusement pas aux personnes qui n’ont jamais lu les deux auteurs.
En effet, par le travail accompli et les analyses proposées, Scott Donaldson en dévoile beaucoup trop. J’avoue avoir été plus d’une fois agacée de connaitre l’intrigue principale des romans d'Hemingway, mais c’est le jeu dans ce genre d’ouvrage.
De plus, l’évocation d’auteurs comme Dos Passos, Wilson, O’Hara, Bishop peut rapidement embrouillé un lecteur qui ne connait pas cette génération d’auteurs de l’entre deux guerres.

En refermant l’ouvrage, la question à savoir qui selon moi à gagner le match entre Ernest Hemingway et Scott Fitzgerald ? Je ne peux pas y répondre car même si Scott est pour moi le gagnant, d'un autre coté il a beaucoup perdu. Je pense que la question peut difficilement trouver une réponse, la preuve aujourd’hui on parle encore des deux hommes.
Hemingway vs Fitzgerald est un très bon ouvrage.



Whoever won the battle between Scott and Ernest for writer of his generation, they both lost the war to alcoholism.




03/02/2015

Sidney Chambers and The Perils of The Night, book 2

WHEN LONELINESS CAME AND YOU WERE AWAY
Les mystères continuent


De : James Runcie
Edition :  Bloomsbury (2014)
Pages : 368
Premières impressions : La couverture du second volet des aventures de Sidney reprend encore une fois une photographie tirée de la série Grantchester. Il me tarde de lire six nouvelles enquêtes et voir si mon coup de coeur est confirmé. Je suis curieuse de voir les aventures de mon vicaire préféré et j'en attends beaucoup ! Une lecture qui me rend impatiente.
Une chanson pour illustrer : Things we lost in Fire de Bastille

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


1955. Canon Sidney Chambers, loveable priest and part-time detective, is back. Accompanied by his faithful Labrador, Dickens, and the increasingly exasperated Inspector Geordie Keating, Sidney is called to investigate the unexpected fall of a Cambridge don from the roof of King's College Chapel, a case of arson at a glamour photographer's studio and the poisoning of Zafar Ali, Grantchester's finest spin bowler.
Alongside his sleuthing, Sidney has other problems. Can he decide between his dear friend, the glamorous socialite Amanda Kendall and Hildegard Staunton, the beguiling German widow? To make up his mind Sidney takes a trip abroad, only to find himself trapped in a web of international espionage just as the Berlin Wall is going up.


MON AVIS




Quand on fini le livre, le digère et soudain on a qu'une hâte : lire la suite !

C’est certainement le cadeau de Noel qui me faisait le plus envie ! Après mon énorme coup de cœur pour le premier tome ( mon avis par là) mais aussi la série inspirée de cette saga, je n’avais qu’une hâte : lire la suite.
A peine reçu et presque immédiatement lu, c’est avec beaucoup de joie que j’ai retrouvé mon vicaire préféré : Canon Sidney Chambers.
Dans ce second tome, James Runcie nous offre six nouvelles enquêtes de qualités très similaires. Encore une fois, l’auteur nous prouve que son style d’écriture est d’une très grande qualité, par des structures simples mais directes, l’auteur happe le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu’à la fin.

Alors que dans le premier tome Sidney semblait plus discret, le lecteur est le témoin dans Sidney Chambers and The Perils of the Night de l’assurance que notre pasteur détective prend dans ses investigations. Audace qui se traduit par l’intervention beaucoup plus discrète de l’inspecteur Keating dans les affaires de son ami et cela pour mon plus grand regret.
Toutefois, le lecteur retrouve plus fréquemment Leonard qui devient une aide indispensable à notre enquêteur atypique.
Sidney se pose moins de questions, il est plus taciturne. Son expérience de soldat est très peu évoqué comme si notre héros souhaitait tourner définitivement la page sur son passé.
Le personnage d’Amanda d’ailleurs est moins présent mais les traces de leur affection commune subsistent. Contrairement à cette dernière, le lecteur en apprend davantage sur notre chère Hildegard. Personnage que j’affectionne particulièrement pour sa sensibilité, sa finesse d’esprit mais aussi pour le voile de mystère autour de ce personnage qui commence à se soulever au fur et à mesure.
Même si Sidney Chambers dans sa vie privée est plus confiant et moins confident, on découvre avec joie, l’homme amoureux. L’auteur en faisant évoluer notre vicaire sur plusieurs années, introduit une certaine sagesse, trait de caractère d’un homme d’expérience qui vieillit. Dans The Hat trick, on apprend un peu plus sur son enfance et sa passion du cricket.

Sidney Chambers and The Perils of the Night se veut volontairement plus politique, dans un contexte de guerre froide, James Runcie s’amuse à mettre notre pasteur dans des situations les plus dangereuses les unes que les autres mais aussi des situations embarrassantes comme dans l’affaire Love and Arson.


Même si dans l’ensemble, ce tome est très réussi, j’ai apprécié plus particulièrement deux nouvelles.
La première enquête qui m’a séduit est The Uncertainty Principle, rien de policier au premier abord mais je trouve que cette nouvelle a le mérite de mettre à plat, la relation ambiguë qu’il entretient avec son amie Amanda. Un récit où la confusion puis la confession des sentiments devient une nécessité. Une mise au point très bien menée.
Mon deuxième coup de cœur va pour Appointment in Berlin, une histoire haletante qui entraine notre vicaire en Allemagne. Le mur de Berlin vient d’être érigé et la suspicion est monnaie courante dans cette partie de l'Europe. Une enquête qui prend des tournures de film d’espionnage avec Hildegard qui se montre sous un nouveau jour.

Globalement, Sidney Chambers and The Perils of the Night est un très bon second tome mais je lui reproche quelques petits défauts que je n’avais pas ressenti dans Sidney Chambers and The Shadow of The Death.
Par exemple, je trouve que James Runcie nous laisse trop d’interrogations du premier tome en suspens. Peut être une fausse idée de ma part, j’ai cherché à voir un mystère là où il y en avait pas ? Mais je me suis posée certaines questions et elles n’ont pas trouvé de réponses.
De plus, j’ai éprouvé quelques difficultés à assimiler le contexte et les changements car l’auteur a pris le parti de faire évoluer notre pasteur plus vite dans le temps que lors du premier tome. Le lecteur doit assimiler davantage d’informations mais aussi prendre en compte que les années passent. Heureusement cette difficulté est vite surmontée.

En refermant ce second tome, je constate que cette saga est vraiment une très belle découverte et il me tarde maintenant de lire le troisième tome qui sort en paperback au mois de Mai aux éditions Bloomsbury.
Le troisième tome s’annonce assez différent, le changement orchestré à la fin de ce deuxième roman annonce de nouvelles aventures dans la vie de notre vicaire de Grantchester. Patience, patience…

"If you don't ask too many questions of a gentleman then you won't be disappointed.
- And this what makes us British ?
- It is our face to the World, Sidney replied. Many of us are civilized, charming and perfectly genuine people. Others have developed their reserve into a form of refined deceit. It's why people find the British so intriguing, Geordie. The line between the gentleman and the assassin can be so very thin."


13/01/2015

Brothers in Battle, Best of Friends

FOR YOUR COMPANY YOU WILL LIVE FOREVER
Une amitié dans les peines et les joies


De : Bill Guarnere et Babe Heffron
Edition :  Berkley Books (2007)
Pages : 320
Premières impressions : La couverture reprend les codes couleurs militaires avec le kaki et le rouge-orangé. Quelques photos personnelles illustrent la couverture mais ce qui saute aux yeux est avant tout le titre. Un titre stylisé, presque comme une distinction honorifique. J'ai très envie de connaitre leur expérience. Je m'attends à des témoignages riches en émotions.
Une chanson pour illustrer : Requiem for a soldier de K. Jenkins

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


Tom Hanks introduces the rousing story of two inseparable friends and soldiers portrayed in the HBO miniseries Band of Brothers.
William "Wild Bill" Guarnere and Edward "Babe" Heffron were among the first paratroopers of the U.S. Army-members of an elite unit of the 101st Airborne Division called Easy Company. Arguably the bravest, most efficient, physically fit, and tight-knit group of soldiers the Army has ever produced, the unit was called upon for every high-risk operation of the war, including D-Day, Operation Market Garden in Holland, the Battle of the Bulge, and the capture of Hitler's Eagle's Nest in Berchtesgaden.
Both fought side-by-side-until Guarnere lost his leg in the Battle of the Bulge nd was sent home. Heffron went on to liberate concentration camps and rake Hitler's Eagle's Nest hideout. United by their experience, the two reconnected at the war's end and have been the best of friends ever since. Their story is a tribute to the lasting bond forged between comrades in arms-and to all those who fought for freedom.


MON AVIS




La folie humaine est sans pareille quand on autorise à tuer. Qu’est ce que le mot guerre ? Seulement quelques lettres pour justifier le massacre de quelques milliers d’êtres ?
Témoins de la sauvagerie de l’homme, combattants pour la liberté Bill Wild Guarnere et Babe Heffron partagent avec beaucoup d’émotions, une vivacité d’esprit, aussi par devoir ; leur vie de soldat mais avant tout leur vie d’homme.
En plus d’être un témoignage précieux, Brothers in Battle rétablit quelques vérités, quelques moments erronés délibérément par Hollywood dans la mini série de qualité Band of Brothers.
Ce qui se dégage de l’ouvrage est avant tout cette relation presque gémellaire entre les deux hommes, une complicité de tous les instants.
Les épisodes douloureux de la guerre comme les moments plus calmes sont exactement résumés et le lecteur n’est pas confronté à la longueur que l’on trouve dans certains livres d’histoire.

Le livre est ponctué d’anecdotes qui donnent une dimension humaine à ce récit de guerre .
L’humour malgré le sujet difficile de Bill Wild Guarnere apporte une légèreté au récit. Alors que Babe Heffron semble plus discret, plus réservé. Une amitié basé sur deux caractères opposés mais complémentaires.
Les chapitres sur l’après guerre sont intéressants pour connaître le retour de Guarnere, mais aussi pour avoir le point de vue de Heffron.
Nos deux soldats n’hésitent pas à critiquer les civils, les supérieurs
. L’honnêteté prime dans cet ouvrage. J’ai apprécié cette franchise, la vie n’est pas une série de Tom Hanks et Steven Spielberg !
Brothers in Battle dévoile un magnifique message et j’ai apprécié qu’il soit centré sur leur expérience personnelle. Les photographies sont un plus et elles permettent de mettre un visage sur un nom, sur les amis des deux garçons.

Brothers in Battle est un très bel ouvrage qui laisse la parole à deux frères d’armes, le livre a été publié après la médiatisation de la série. Il apporte le complément d’âme que la série ne peut transmettre car il est né de la mémoire, des souvenirs de deux anciens soldats.


Toutefois, je regrette que la partie sur l’Allemagne soit très résumé par rapport au reste du témoignage, le lecteur ressent un déséquilibre. Mais ça n’est pas vraiment un défaut car ils transmettent leur histoire avant celle de la compagnie.
Le lecteur regrettera le livre ne soit pas plus long, on a envie de lire les souvenirs de Guarnere et Heffron .

Brothers in Battle est certainement mon ouvrage préféré sur la Easy Company, je conseille vivement également le livre de l’histoirien Ambrose mais ce récit à cette âme en plus, cette amitié sincère que l’on trouve nulle par ailleurs.
Plus qu’un témoignage pour notre Histoire, un livre écrit par deux cœurs unis dans les peines et les joies, deux frères d’armes.

J'ai lu ce témoignage dans le cadre d'une lecture commune avec Une valise remplie d'histoires, pour connaitre son avis mais aussi lire la partie qu'elle a fait autour du livre, il faut cliquer par ici !





Au lieu de mettre une citation du livre, je vous propose celle de Charb qui résume je pense très bien la volonté de lutter pour les libertés.
"C'est peut-être pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux."
#JESUISCHARLIE