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02/06/2015

Far from the Madding Crowd #1 Le Mois Anglais



Thomas Hardy x Penguin x 26 avril 2012
445 pages x anglais x 10,00€



Un livre authentique, un classique à lire
Résumé de l'édition

Bathsheba Everdene, independent and uncompromising, comes to a small rural community to take up a position as a farmer, where her confident presence draws three very different suitors: the gentleman-farmer Boldwood, the seducer Sergeant Troy and devoted shepherd Gabriel Oak. As each man complicates her life, Bathsheba becomes an object of superstition, judgement and betrayal.


Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir la plume de Thomas Hardy mais comme souvent, j'ai repoussé ma rencontre avec l'auteur anglais. Faute de temps mais aussi de motivation, ça n'est jamais aisé de se diriger vers un auteur qui vous est totalement inconnu : classique ou non. C'est grâce au forum Whoopsy Daisy que j'ai eu l'envie incontrôlable de découvrir cet auteur et les tentations sur ce site sont immenses ! Les avis m'avaient intrigués surtout qu'une adaptation vient de sortir au cinéma. J'ai lu ce roman avec Dans le manoir aux livres (Fanny) et je ne pense pas me tromper en vous disant qu'elle a beaucoup aimé ! Une première rencontre avec le romancier qui m'a séduit.

Mon avis sur le roman

Cela pourrait être un tableau de John Constable avec au premier plan, un homme travaillant sa terre à la sueur de son front sous un soleil harassant, il s’est arrêté un instant pour se reposer. Appuyé sur son outil certainement pour reprendre ses esprits, le regard ailleurs, tourné vers cet homme qui laisse traverser son troupeau de moutons à coté de ses terres.
On lirait sur le visage de cet agriculteur son envie d’en finir avec cette dure journée et le bonheur de retrouver ses amis dans le pub du village.
Loin aussi de s’imaginer que le jeune gardien de moutons pense depuis la veille à une jeune femme qui vient d’arriver à la campagne et qui a éveillé en lui de nouvelles sensations. Deux hommes qui ne se fréquentent pas mais qui sont unis par leur travail, celui de nourrir le pays.

De la campagne anglaise, Thomas Hardy en dresse un portrait authentique, sincère, un portrait brut à travers plusieurs personnages. Sous sa plume, il révèle le paysage vallonnais de ces hommes et femmes qui habitent la campagne anglaise et font vivre le pays entier.
Thomas Hardy fait parler les silences, parler la nature. Avec ses descriptions, ses scènes, il arrive à définir un caractère, à nous montrer l’âme d’un personnage.

Far from the Madding Crowd est le roman d’une héroïne : Bathsheba Everdene. Une jeune femme courageuse, d’une grande beauté, qui a hérité des terres de son oncle et qui décide de prendre en main ce patrimoine familial. Consciente que les mentalités de son époque ne sont pas favorables à cette succession, Bathsheba devra redoubler de volonté pour affirmer sa position dans ce monde d’homme.
Le charme de la jeune propriétaire aura vite fait de faire tourner les têtes de certains messieurs. Gabriel Oak est un homme simple, brut de sentiment qui ne cherche pas à faire fortune mais seulement à se rendre utile, généreux de nature ; il est immédiatement attiré par la jeune femme. Gabriel séduira le lecteur, je suis tombée immédiatement amoureuse de ce personnage qui dégage une simplicité et une dévotion à toute épreuve. Un personnage charmant, au romantisme naturel.
Contrairement au Sergent Frank Troy, un homme séducteur, arriviste qui joue avec les coeurs des jeunes femmes et s’amuse de sa situation. Un personnage difficile à cerner mais qui vit passionnément et quand on est jeune comme Bathsheba, la tête tourne rapidement. Un personnage qu’on aime à juger rapidement mais qui peut sur certains aspects vous émouvoir.
Enfin - William Boldwood, plus âgé d’une dizaine d’années, il est le prétendant logique car il dispose des terres voisines et il serait une aide précieuse pour la gestion du domaine. J’ai beaucoup aimé ce personnage notamment pour son amour, sa patience mais aussi sa détermination. Il est conscient qu’il n’est pas le prétendent idéal et justement sa clairvoyance le rend d’autant plus attachant.

Thomas Hardy à travers ses personnages arrive à retranscrire par écrit les formes d’amour que chaque homme à fond de lui et que Bathsheba arrive à faire ressortir. Troy est un peu cette passion, l’amour fou alors que Boldwood est l’assurance, l’équilibre amoureux. Oak est lui l’amour simple, l’âme soeur de notre héroïne.

Far from the Madding Crowd dénonce aussi la société et les mentalités dans les campagnes. La vie est différente de celle que l’on peut avoir en ville. Le courage et la détermination de Bathsheba montre qu’une nouvelle ère est amorcée mais que le chemin est long. Une héroïne qui m’a impressionné même si certains de ses choix n’étaient pas résonnés.
L’auteur arrive à jouer avec nos nerfs, la tension est palpable même dans les scènes les plus anodines, un suspense est créé.

Far from the Madding Crowd est un coup de coeur car il a des défauts mais ce qui m’a séduit dans l’écriture de Thomas Hardy est cette facilité à faire vivre les mots.
Tous les événements qu’il raconte pourraient se produire, l’auteur écrit ce qu’il connait, il puise son inspiration dans la vie de tous les jours, dans ce quotidien qui est riche et sans fard.

Je ne peux que vous conseiller ce roman et j’ai très envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur.

Bon anniversaire à Thomas Hardy ! J’espère que mon premier billet pour le mois anglais vous aura plus, je commence le challenge avec une très belle découverte ! Cleanthe a d'ailleurs écrit un très beau billet sur ce roman également.

31/05/2015

Le mois anglais




La lune se cache derrière les nuages, au loin Big Ben sonne la dernière heure de la journée. Il est minuit, juin va commencer. Le silence se fait d’or, le vent n’ose pas danser avec les branches des arbres, les pétales des fleurs tourbillonnent sur les trottoirs Londonien. Nous sommes peut être en 1862, peut être en 1902 ? en 1912 ? ou encore 1936. Personne ne vient déranger la quiétude nocturne mais cela n’est qu’apparence, Londres et d’autres villes anglaises s’animent avec magie.
Dans une maison d’un quartier londonien, une jeune fille prénommait Wendy attend son ami Peter pour s’envoler au pays imaginaire, dans un hôtel particulier un frère et une soeur s’endorment auprès de leur nanny qui ne quitte jamais son parapluie et son drôle de chapeau. A Grantchester, Sydney Chambers s’est réveillé, il lui semble avoir vu passé un détracteur... Une chose est sure en cette dernière nuit de mai, tout le monde semble se préparer à vivre de nouvelles aventures.
Dès le 1er juin, l’Angleterre littéraire, culturel, historique se réveille : le mois anglais va commencer. Plonger au fil des rendez vous dans le quotidien de nos amis d'outre-manche au coté de la famille Crawley, revivez en compagnie d’Henri VIII, de Shakespeare les grands événements qui ont craqué la couronne d'Angleterre, reposez vous quelques jours à Bath avec votre amie Jane Austen et revenez le 30 juin au quai 9 ¾ en forme, avec un accent parfait et le prince Harry dans la valise.



Pour éviter le décalage horaire, le pudding à la menthe et la pluie, je vous invite à suivre mon planning (que j’espère suivre moi-même)

~ Premier article : LC 175 ans Thomas Hardy : Far from the Madding Crowd
~ Deuxième article : LC Polar anglais avec Sidney Chambers and The Problem of Evil de J. Runcie
~ Troisième article : Exposition Harry Potter : un sorcier à Paris
~ Quatrième article : Journée séries anglaises : Happy Valley (BBC)

Il s'agit de ma première participation, et si l'envie vous prend de nous rejoindre à bord du Double-decker bus, je vous invite à suivre ce lien.
On ne doit pas ce groupe aux Spice Girls mais à Lou, Cryssilda et Titine. Mille mercis pour l'organisation de ce mois so nice.

Are you ready ? Rendez-vous mardi pour le premier billet consacré à T. Hardy.
Le petit logo que vous verrez apparaitre sur mes billets n'est pas de moi mais je le trouve vraiment joli ! J'aimerais beaucoup savoir qui l'a fait.
Demain, le mois anglais commence et j'ai ri car la météo annonce de la pluie ...
It's raining cats and dogs ! Vive les clichés ;)



About Time : dans le métro londonien


27/03/2015

Hemingway vs Fitzgerald

NOW YOU WILL LIVE FOREVER
Duel au sommet



De : Scott Donaldson
Edition :   Duckworth Overlook (2001)
Pages : 352
Premières impressions : J'aime beaucoup la couverture qui oppose Hemingway et Fitzgerald. Les deux couleurs utilisées me plaisent beaucoup. Dès qu'un livre parle de Fitzgerald, je suis immédiatement conquise. Je suis vraiment curieuse de découvrir cet ouvrage qui va certainement m'offrir une vision inédite de la relation entre les deux auteurs.
Une chanson pour illustrer : Poet de Bastille

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


This chronicle of the friendship of two of America's literary titans goes beyond the myth to create a true, multi-faceted narrative of a great friendship fueled by admiration, jealousy, and liquor--a heady mixture of literary scholarship, history, and gossip.


MON AVIS





Un essai très intéressant

Offert par Alicia, ce cadeau m'a fait très plaisir d'autant plus qu'il concerne un auteur que j'apprécie particulièrement. Fitzy me passionne et si je peux découvrir un essai intéressant sur lui, je suis "overjoyed". Encore merci miss pour ce présent qui enrichit ma collection.

Evoquer la vie de deux grands écrivains n’est jamais aisée. De bonnes biographies existent et souvent, à part répéter ce que l’on sait déjà, il est rarement possible d'avoir des informations inédites. Il faut alors se démarquer, trouver un point de vue inédit.
Avec Hemingway vs Fitzgerald, Scott Donaldson nous offre un combat à l’amiable entre ces deux poids lourds de la génération perdue. Une amitié mise sous la loupe, disséquée à travers plusieurs moments, plusieurs travers et bonheurs communs.

L’essai est divisé en plusieurs chapitres, on découvre dès le départ que nos auteurs souffraient d’un même mal : la déception amoureuse. Un chapitre très intéressant qui m’a permis de découvrir Ernest Hemingway avant qu’il ne soit l'écrivain que l'on connait aujourd'hui et de découvrir le point de vue de la première amoureuse de Scott Fitzgerald. L’essai est construit sur leur amitié mais développe aussi leur personnalité pas si différente et plutôt complémentaire.
Loin de les diviser, Scott Donaldson laisse le lecteur se faire sa propre opinion. A aucun moment, je n’ai eu le sentiment qu’un auteur était mis en avant au dépend de l’autre. Certes chaque auteur a eu le succès et les critiques qui lui sont propres. Mais à aucun moment, l’auteur n’a tenté de justifier ou d’argumenter les faits.

Hemingway vs Fitzgerald peut être vu comme une enquête où l’intrigue serait multiple : Comment ces deux amis en sont venus à avoir des vies différentes mais pourtant semblables ? Puis les recherches montreraient qu’ils sont passés d’amis à connaissances, pourquoi ? Enfin, on peut s’interroger sur la légende presque mystique autour des deux écrivains et se demander si elle justifiée ?

Un travail titanesque que Scott Donaldson a entrepris et cela permet de nous offrir une vision vraiment intéressante sur les deux hommes. J’ai apprécié ce livre pour le travail méticuleux qu’il offre et j’avoue qu’il a réussi à aiguiser ma curiosité concernant Ernest Hemingway. J’ai eu le sentiment de redécouvrir Scott Fitzgerald et lire des analyses très précises sur ses romans.


Un livre que je recommande chaudement pour les amoureux de la génération perdue mais qui ne s’adresse malheureusement pas aux personnes qui n’ont jamais lu les deux auteurs.
En effet, par le travail accompli et les analyses proposées, Scott Donaldson en dévoile beaucoup trop. J’avoue avoir été plus d’une fois agacée de connaitre l’intrigue principale des romans d'Hemingway, mais c’est le jeu dans ce genre d’ouvrage.
De plus, l’évocation d’auteurs comme Dos Passos, Wilson, O’Hara, Bishop peut rapidement embrouillé un lecteur qui ne connait pas cette génération d’auteurs de l’entre deux guerres.

En refermant l’ouvrage, la question à savoir qui selon moi à gagner le match entre Ernest Hemingway et Scott Fitzgerald ? Je ne peux pas y répondre car même si Scott est pour moi le gagnant, d'un autre coté il a beaucoup perdu. Je pense que la question peut difficilement trouver une réponse, la preuve aujourd’hui on parle encore des deux hommes.
Hemingway vs Fitzgerald est un très bon ouvrage.



Whoever won the battle between Scott and Ernest for writer of his generation, they both lost the war to alcoholism.




26/03/2015

Extramuros

DON'T KNOW WHERE IT GOES OR WHERE IT LEADS
Une entreprise pour nous gouverner tous ?

De : Philippe Nicholson
Edition :  Kero (2015)
Pages : 352
Premières impressions : La couverture aux couleurs sombres est assez angoissante. On ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. La prise de vue invite le lecteur à suivre une aventure. La quatrième de couverture m'a surprise par un résumé original ! Il me tarde de commencer ce roman qui s'annonce déstabilisant et inédit.
Une chanson pour illustrer : It Doesn't Matter de Alison Krauss

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


Quand les entreprises auront pris le pouvoir, de quel côté du mur serez-vous ? Dans un monde confronté à de fortes chaleurs et à une pénurie d’électricité, des zones d'affaires se sont multipliées. Elles assurent le confort et la sécurité des employés de grandes sociétés, séparés par de hauts murs électrifiés du commun des mortels aux conditions de vie de plus en plus difficiles. Les zones d’affaires, s’accaparant énergie et richesse, sont vite devenues plus puissantes que les pays qui les accueillent. L’Espagne vient de leur céder une de ses régions pour y édifier le premier état-entreprise, Evergreen. Mais dans le monde, la révolte gronde et la résistance s’organise. Le jeune Max souhaite en faire partie. Il va être entraîné malgré lui dans un engrenage qui risque non seulement de bouleverser sa vie, mais de changer la face du monde. Devant la menace d’un monde gouverné par les entreprises, chacun va devoir se positionner et se confronter à sa propre vision de la résistance. Philippe Nicholson signe le polar politique du XXIe siècle.


MON AVIS




Un thriller épatant et inédit qui fait réfléchir..

Si demain se connecter à internet, brancher son grill pain devenait un luxe ? Consulter le médecin, un privilège ? Si, acheter une pile était presque acheter un écran plasma ? Que sommes nous sans ces technologies ? Jusqu’où va notre dépendance ?
Dans son roman d’anticipation, Philippe Nicholson s’interroge sur un monde qui fait froid dans le dos. Une terre où les entreprises gèrent notre société mais avant tout notre liberté. Un roman où le pouvoir de consommation n’existe pas, où la consommation appartient au pouvoir. Avec un principe cruel mais réaliste : vous n’êtes pas dans les zones entreprises, vous ne travaillez pas pour eux alors vous apprendrez à survivre à l’extérieur.

Cette dure réalité, c’est par choix que Fjord l’a fait. Pour lui, lire un roman sur une terrasse vaut mieux que le confort d’un centre commercial ouvert 24h / 24. La liberté n’a pas de prix, quitte à avoir peur au quotidien.
Cette vie marginalisée, son fils Max ne la partage pas. Dans la zone irlandaise où il vit avec sa mère, son fils unique mène une vie presque parfaite, dans l’inconscience générale. Mais cette réalité, le jeune homme la vit sans l’accepter complètement.
Aucun des deux hommes n’imagine qu’un simple séjour chez le paternel va prendre une tournure inattendue.
Max est un personnage qui m’a immédiatement séduit, il est perdu et s’interroge. Il n’est pas le héros de l’histoire mais il est certainement le plus honnête avec ses sentiments. Fjord est un homme marqué mais réfléchi, un personnage que j’ai apprécie au fur et à mesure.

Le pacifisme de ces zones n’est qu’une facette. Dans l’ombre, des hommes et un en particulier, travail sur un projet plus important : Evergreen, un nouveau pays sur le point d’être créé à la surprise générale des grands dirigeants de ce monde. Susan qui travaille pour le président des Etats-Unis doit elle se réjouir ou se battre ?
Ce petit bout de femme m’a immédiatement conquis, une main de fer dans un gant de velours. Sous ses airs fragiles, on se rend compte qu’elle n’a pas volé sa place dans le cercle intime du président.
La population mondiale est-elle prête à accepter ces changements ? Un peu partout sur la planète, des gens se révoltent, manifestent. D’autres comme Flynn se prépare depuis plusieurs mois, il est conscient qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Un personnage qui m’a plus d’une fois surpris, qui m’a glacé le dos, son personnage évolue petit à petit. Un personnage qui apporte la dimension thriller du roman.

Extramuros est un roman qui interroge le lecteur et nous offre différents points de vue. Des deux cotés du pouvoir mais aussi des deux cotés des murs. Les personnages sont une force indéniable et ils représentent un bon échantillon des différentes personnalités que le lecteur s’attend à trouver dans ce genre de roman. Entre espoir que le projet aboutisse ou rêve qu’il échoue, nos héros vont devoir avancer parfois aveuglement mais parfois aussi en tout état de cause. Il n’y a pas de héros mais des hommes et des femmes.


Camille, journaliste depuis que les zones sont créées est un personnage complexe qui m’a plus d’une fois énervée pourtant on ne peut s’empêcher de la comprendre. Comme Ted, le représentant d’Evergreen : un homme qui aime le pouvoir, qui aime diriger. Un personnage très bien construit qui comme le mur, à quelques faiblesses.

Philippe Nicholson offre un roman très bien ficelé, d’une logique sans pareil. L’auteur se nourrit de l’environnement et nous offre une réalité plausible. Un roman qui fait réfléchir, qui tient le lecteur en haleine. Aucun personnage n’est là par hasard. Un roman qui m’a surpris par des révélations inattendues. Une manière inédite d’aborder la littérature, un ovni des librairies.
Le thème du roman nous pousse à l’interrogation. Est ce que notre futur doit passer par la servilité ? Un retour en arrière grâce aux entreprises, qui nous font vivre ? Philippe Nicholson frappe fort rien qu’ avec son sujet.

Extramuros est une très belle découverte malgré une fin qui n’est pas à la hauteur de l’ouvrage. La fin est presque trop banale et on s’attend à un final extraordinaire.
Une adaptation en série télévisée serait très intéressante et j’aurai aimé presque l’histoire continue en second tome.
Un roman que je conseille vivement et qui vous fera prendre conscience que l’on n’est pas complétement libre...

Un très grand merci aux éditions Kéro pour l’envoi de ce roman.



Bientôt le monde pourrait n'être plus qu'un désert de métal au milieu duquel surnageront les lacs artificiels des zones d'affaires, un monde sans âme, sans réalité, un parc d'attraction cauchemardesque.


03/02/2015

Sidney Chambers and The Perils of The Night, book 2

WHEN LONELINESS CAME AND YOU WERE AWAY
Les mystères continuent


De : James Runcie
Edition :  Bloomsbury (2014)
Pages : 368
Premières impressions : La couverture du second volet des aventures de Sidney reprend encore une fois une photographie tirée de la série Grantchester. Il me tarde de lire six nouvelles enquêtes et voir si mon coup de coeur est confirmé. Je suis curieuse de voir les aventures de mon vicaire préféré et j'en attends beaucoup ! Une lecture qui me rend impatiente.
Une chanson pour illustrer : Things we lost in Fire de Bastille

CE QUE DIT LA 4EME DE COUVERTURE


1955. Canon Sidney Chambers, loveable priest and part-time detective, is back. Accompanied by his faithful Labrador, Dickens, and the increasingly exasperated Inspector Geordie Keating, Sidney is called to investigate the unexpected fall of a Cambridge don from the roof of King's College Chapel, a case of arson at a glamour photographer's studio and the poisoning of Zafar Ali, Grantchester's finest spin bowler.
Alongside his sleuthing, Sidney has other problems. Can he decide between his dear friend, the glamorous socialite Amanda Kendall and Hildegard Staunton, the beguiling German widow? To make up his mind Sidney takes a trip abroad, only to find himself trapped in a web of international espionage just as the Berlin Wall is going up.


MON AVIS




Quand on fini le livre, le digère et soudain on a qu'une hâte : lire la suite !

C’est certainement le cadeau de Noel qui me faisait le plus envie ! Après mon énorme coup de cœur pour le premier tome ( mon avis par là) mais aussi la série inspirée de cette saga, je n’avais qu’une hâte : lire la suite.
A peine reçu et presque immédiatement lu, c’est avec beaucoup de joie que j’ai retrouvé mon vicaire préféré : Canon Sidney Chambers.
Dans ce second tome, James Runcie nous offre six nouvelles enquêtes de qualités très similaires. Encore une fois, l’auteur nous prouve que son style d’écriture est d’une très grande qualité, par des structures simples mais directes, l’auteur happe le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu’à la fin.

Alors que dans le premier tome Sidney semblait plus discret, le lecteur est le témoin dans Sidney Chambers and The Perils of the Night de l’assurance que notre pasteur détective prend dans ses investigations. Audace qui se traduit par l’intervention beaucoup plus discrète de l’inspecteur Keating dans les affaires de son ami et cela pour mon plus grand regret.
Toutefois, le lecteur retrouve plus fréquemment Leonard qui devient une aide indispensable à notre enquêteur atypique.
Sidney se pose moins de questions, il est plus taciturne. Son expérience de soldat est très peu évoqué comme si notre héros souhaitait tourner définitivement la page sur son passé.
Le personnage d’Amanda d’ailleurs est moins présent mais les traces de leur affection commune subsistent. Contrairement à cette dernière, le lecteur en apprend davantage sur notre chère Hildegard. Personnage que j’affectionne particulièrement pour sa sensibilité, sa finesse d’esprit mais aussi pour le voile de mystère autour de ce personnage qui commence à se soulever au fur et à mesure.
Même si Sidney Chambers dans sa vie privée est plus confiant et moins confident, on découvre avec joie, l’homme amoureux. L’auteur en faisant évoluer notre vicaire sur plusieurs années, introduit une certaine sagesse, trait de caractère d’un homme d’expérience qui vieillit. Dans The Hat trick, on apprend un peu plus sur son enfance et sa passion du cricket.

Sidney Chambers and The Perils of the Night se veut volontairement plus politique, dans un contexte de guerre froide, James Runcie s’amuse à mettre notre pasteur dans des situations les plus dangereuses les unes que les autres mais aussi des situations embarrassantes comme dans l’affaire Love and Arson.


Même si dans l’ensemble, ce tome est très réussi, j’ai apprécié plus particulièrement deux nouvelles.
La première enquête qui m’a séduit est The Uncertainty Principle, rien de policier au premier abord mais je trouve que cette nouvelle a le mérite de mettre à plat, la relation ambiguë qu’il entretient avec son amie Amanda. Un récit où la confusion puis la confession des sentiments devient une nécessité. Une mise au point très bien menée.
Mon deuxième coup de cœur va pour Appointment in Berlin, une histoire haletante qui entraine notre vicaire en Allemagne. Le mur de Berlin vient d’être érigé et la suspicion est monnaie courante dans cette partie de l'Europe. Une enquête qui prend des tournures de film d’espionnage avec Hildegard qui se montre sous un nouveau jour.

Globalement, Sidney Chambers and The Perils of the Night est un très bon second tome mais je lui reproche quelques petits défauts que je n’avais pas ressenti dans Sidney Chambers and The Shadow of The Death.
Par exemple, je trouve que James Runcie nous laisse trop d’interrogations du premier tome en suspens. Peut être une fausse idée de ma part, j’ai cherché à voir un mystère là où il y en avait pas ? Mais je me suis posée certaines questions et elles n’ont pas trouvé de réponses.
De plus, j’ai éprouvé quelques difficultés à assimiler le contexte et les changements car l’auteur a pris le parti de faire évoluer notre pasteur plus vite dans le temps que lors du premier tome. Le lecteur doit assimiler davantage d’informations mais aussi prendre en compte que les années passent. Heureusement cette difficulté est vite surmontée.

En refermant ce second tome, je constate que cette saga est vraiment une très belle découverte et il me tarde maintenant de lire le troisième tome qui sort en paperback au mois de Mai aux éditions Bloomsbury.
Le troisième tome s’annonce assez différent, le changement orchestré à la fin de ce deuxième roman annonce de nouvelles aventures dans la vie de notre vicaire de Grantchester. Patience, patience…

"If you don't ask too many questions of a gentleman then you won't be disappointed.
- And this what makes us British ?
- It is our face to the World, Sidney replied. Many of us are civilized, charming and perfectly genuine people. Others have developed their reserve into a form of refined deceit. It's why people find the British so intriguing, Geordie. The line between the gentleman and the assassin can be so very thin."